Morgane Lopes, directrice du marketing digital de Printemps : « Le Web3 est une opportunité forte pour les marques de susciter l'émerveillement. » – Forbes France – Forbes France

Le Printemps vient d’annoncer mettre un pied dans le métavers. L’enseigne parisienne exploitant de grands magasins – dont le plus emblématique est situé boulevard Haussmann – ouvre son shop virtuel en 3D proposant des expériences immersives et mettant en scène des produits dans un univers onirique. En charge du pilotage du projet, Morgane Lopes nous explique ce qui l’a motivée à se lancer.
Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer ce magasin virtuel ?
Morgane Lopes : Il y a un boom en ce moment autour du métavers et l’idée n’est pas de tout mettre au même niveau. Si Printemps a décidé de s’investir dans ce champ c’est avant tout dans un souci de réenchanter l’expérience client. En mars dernier, nous avons annoncé le lancement d’une nouvelle plateforme de marques « Tout commence au Printemps » afin de créer des souvenirs en magasin et en ligne.
C’est au moment où Facebook est devenu officiellement Meta que j’ai compris la nécessité de lancer notre virtual store. Pour nous, c’est un signe que le métavers est l’opportunité de se reconnecter au client et lui proposer une nouvelle expérience de shopping.
Concrètement, c’est une sorte de mini métavers décentralisé et qui n’est pas hébergé chez des acteurs connus du secteur comme Decentraland, The Sandbox ou encore Roblox. L’agence Useradgents – qui s’est déjà occupée de la refonte de notre activité d’e-commerce – a missionné pour nous un studio 3D pour créer notre métavers. Il y a une part de mystère autour de ces sujets et nous nous sommes demandés comment faire de la vulgarisation tout en simplifiant l’accès au Web3.
En parallèle, nous avons fait appel à l’artiste français Romain Froquet pour créer une collection de NFT. Les personnes qui ont acheté un produit sur notre shop immersif peuvent ensuite participer à un tirage au sort pour tenter de remporter un des NFT.
Est-ce une nouvelle manière d’attirer davantage la jeune clientèle ?
C’est évidemment un moyen d’attirer de nouveaux clients – en l’occurrence plus jeunes – mais pas que. Nous souhaitons aussi de manière générale proposer une première fois dans le Web3 pour nos clients. Notre rôle étant de désacraliser le sujet et le rendre accessible via une approche didactique et tutorielle.
Est-ce que l’irruption du métavers signifie pour vous la fin des canaux physiques de vente ?
Tout comme les révolutions Web 1.0 et 2.0, je ne pense honnêtement pas que le Web3 signe la fin du magasin physique. Même si un jour nous avons tous des casques de réalité virtuelle chez nous, cela ne remplacera pas le contact humain.
Notre service gratuit de “Personal Shopper” le montre bien : le nombre de personnes qui ont besoin aujourd’hui de se faire accompagner en matière de mode est très important. Nous n’enlèverons jamais ce besoin physique et le Covid a aussi rappelé à quel point le contact en personne est crucial.
Le Web3 est une opportunité forte pour les marques de susciter l’émerveillement et la créativité. J’aime personnellement le fait que nos clients se retrouvent autour d’un café pour raconter les expériences immersives que nous avons pu leur offrir. Maintenant, il reste un besoin de démocratisation car nous avançons encore à tâtons et il reste du chemin à faire pour justifier la présence des marques sur le métavers.
Les marques ont pris conscience de l’intérêt du métavers, mais toutes n’ont pas le temps de se lancer. C’est pourquoi nous aimerions aussi être un facilitateur pour accompagner les marques à y faire leurs premiers pas.
Ne risque-t-on pas avec le Web3 de retomber dans les déboires spéculatifs qui ont contribué à l’éclatement de la bulle internet des années 2000 ?
Nos parents étaient réticents à l’idée de dévoiler leur vie sur les réseaux sociaux et aujourd’hui ils sont pour la plupart tous sur Facebook. Aujourd’hui, Meta lance une bêta pour introduire les NFT sur ses plateformes. J’attends de voir quel business model sera construit autour de ces projets, d’autant plus que les cryptomonnaies sont des actifs qui restent parfois instables. Mais des centres commerciaux ont déjà passé le pas : celui de Beaugrenelle accepte par exemple le paiement des achats en cryptos dans ses boutiques.
Quoiqu’il en soit, avec la mort annoncée du cookie, le Web3 pourrait très bien sculpter le marketing digital de demain. Sans doute que le Zéro-Party Data (données léguées volontairement) s’imposera et le wallet du client nous permettra de mieux comprendre ses attentes.
 
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